—Mais, monsieur, moi... j'aime mes bêtes... et mes bêtes m'adorent... Papa me permet de les faire travailler sous ses yeux, parce que j'ai été très sage... et que je l'ai mérité par mon application... Demandez-lui!... Oh! non; dites, n'est-ce pas, vous ne voulez pas m'empêcher de continuer...
Et comme le fonctionnaire, très étonné, ne répondait pas, elle fondit en larmes.
—Mais qu'est-ce que ça peut vous faire? Ce n'est pas vous qui entrez dans les cages!
Puis, se réfugiant dans les bras de son père, qui avait assisté à cet interrogatoire:
—Mais, explique donc, papa... qu'il n'y a pas de danger!
L'autorisation fut maintenue, mais il demeura évident qu'on n'attendait qu'une occasion propice pour la retirer. Une circonstance sans importance, mais qui eût pu avoir des conséquences graves, ne tarda pas à la fournir.
Un soir,—c'était à la cinquième soirée—Zézette était en train de faire manoeuvrer les lionnes.
L'une d'elles, Saïda, montrait une indocilité qui ne lui était pas habituelle. Tapie dans un angle de la cage, elle refusait d'obéir.
Zézette voulait approcher, mais son père l'arrêta.
—Je veux qu'elle saute! criait la petite, en tapant du pied. Donne ton fouet, papa!