Toutefois, il parvint tant bien que mal à organiser une série de représentations, mais le dompteur ne trouva plus ce public chaud devant lequel il avait fait débuter sa petite fille.

Il fut, au contraire, accueilli avec une sorte de prévention.

Des applaudissements maigres récompensèrent mal ses efforts, et les exercices de Zézette, accomplis pourtant par la petite fille avec la même maestria, excitèrent plus de pitié que d'enthousiasme.

On s'indigna contre la barbarie de ce père, qui contraignait une enfant si jeune à ceindre la ragrafe traditionnelle et à affronter sans défense des animaux aussi redoutables.

Des journaux se firent les interprètes de la pensée publique en s'élevant contre ce spectacle, qu'ils qualifiaient d'exhibition malsaine et attentatoire à la morale.

Ils firent appel à la conscience des magistrats de la ville, les invitant à ne pas tolérer plus longtemps que des saltimbanques étrangers donnassent l'exemple d'un semblable scandale...

A la suite de cette campagne, dont se ressentirent les recettes, un commissaire délégué par le Parquet vint faire une descente dans la ménagerie, accompagné d'un médecin.

Après s'être fait représenter les papiers du dompteur et s'être assuré que l'installation de la ménagerie était telle qu'il ne pouvait, en cas d'alerte ou de négligence, en résulter aucun danger pour les spectateurs, il interrogea longuement Zézette.

Il avait pleins pouvoirs, au cas où la moindre infraction aux règlements de police en vigueur dans le pays serait constatée, pour interdire impitoyablement toute représentation, mais il dut s'en retourner comme il était venu.

Outre qu'il ne put relever aucune contravention, les réponses de la petite fille le convainquirent que non seulement il n'était exercé à son égard aucun sévices, mais qu'au contraire l'empêchement qui pouvait lui être notifié de paraître dans les cages serait pour elle la plus dure des privations.