—Tais-toi! C'est mal ce que tu dis là! déclarait-elle d'un ton sévère, la pauvre femme avait bon coeur... Elle t'aimait... Elle était plus à plaindre qu'à blâmer... Ce n'était pas sa faute si elle était née incapable de rien... Elle a fait son possible... Ce serait un crime de lui reprocher quelque chose.

—Tu es indulgente, reprenait Chausserouge, on voit bien que tu ne la connaissais pas... Tu ne pourras jamais te rendre compte de son apathie et de son insignifiance.

—Je ne suis pas indulgente... je suis juste, voilà tout!... Tout ce qu'on peut dire, c'est que vous vous êtes trompés en vous épousant... Ce n'était pas une femme pour toi, simplement... Ajouter quelque chose de plus ce serait insulter à sa mémoire et c'est ce que tu ne dois pas faire, car après tout, elle est la mère de ton enfant. C'est comme si, moi, je disais du mal de Tabary, qui n'a été pourtant qu'un embarras dans ma vie. Est-ce que ça m'empêche de faire mon devoir à son égard?...

—Tu es une femme parfaite, répliquait Chausserouge en embrassant sa maîtresse, plein d'admiration pour ces sentiments si nobles.

Maintenant l'entresort dans lequel le dompteur avait des intérêts ne quittait plus la ménagerie. Les deux baraques se complétaient.

C'était un même établissement sous une direction unique, celle de Chausserouge en apparence, celle des Tabary en réalité.

On discutait en commun les mesures à prendre, et c'était toujours l'avis de Louise qui prévalait, François se rangeant inévitablement à l'opinion de cette dernière, dont il admirait l'entente et l'habileté.

—Moi, déclarait-il, si j'avais eu la chance de te connaître plus tôt, avec les veines que j'ai eues dans mon existence, je serais millionnaire, positivement, au lieu de me trouver dans la purée.

Le plus grand souci de Louise Tabary était la conduite à tenir vis-à-vis de Vermieux.

Certes, grâce aux sacrifices consentis, on avait pu éviter tout accroc et contenter ses exigences. Mais on avait obéré l'avenir, qui se présentait gros de menaces, si la chance ne tournait pas.