—Et Néron? Est-ce que je l'ai tué?
—Non, répondit Jean, mais il n'en vaut guère mieux.
—Ah! dit le dompteur en fermant les yeux.
Et il n'en demanda pas davantage.
En effet, aussitôt que les soins qu'on avait dû prodiguer à Chausserouge avaient laissé quelque répit, on s'était occupé de Néron.
L'animal donnant encore signe de vie, on avait fait venir le vétérinaire. Grâce à l'état de faiblesse du lion, qui respirait à peine, on avait pu l'approcher, le panser, le faire glisser sur un lit de paille hors de la cage centrale et l'établir dans une cage voisine.
Quand Tabary interrogea le vétérinaire sur l'issue probable de l'aventure:
—Je ne puis rien vous dire, répliqua le praticien, avec ces bêtes-là, on ne sait jamais... On les croit mortes et elles renaissent à la vie comme par enchantement... Leur nature offre tant de résistance... La grande difficulté ce sera de pouvoir soigner votre pensionnaire quand ses forces seront un peu revenues... Ces animaux-là ont beaucoup de mémoire et beaucoup de rancune. Il y aura à l'avenir, s'il en réchappe, de grandes précautions à prendre.
—Enfin, vous croyez que nous le sauverons?...
—Peut-être!