—Les cartes annonçaient une mort, dit-elle, et je n'avais rien vu.
—Et les cartes annonçaient-elles aussi... un mariage? demanda timidement le dompteur.
—Oui, répliqua la vieille. Il faut que tout s'accomplisse ici-bas. Il n'y a rien à faire contre la destinée. Tu te marieras, mon garçon! D'ailleurs, il y a longtemps que tu aimes ma fille, ajouta-t-elle. A l'heure dernière, le regard des mourants est devin...
—Mais vous, mamz'elle Maria, m'aimez-vous aussi?
—Aurais-je été vous chercher si je ne vous avais pas mieux considéré que tous les autres forains du Voyage? répliqua la jeune fille.
—Il n'est pas bon que des femmes soient seules dans la vie... prononça la bonne-ferte. Tu es plus digne que tous les autres d'entrer dans la grande famille des ramonis... C'est pourquoi le père, qui voyait loin... t'a choisi! Sa volonté sera faite.
Le lendemain, Chausserouge fit publier les bans et les forains comprirent pourquoi ils avaient vu le dompteur conduire le deuil du vieux ramoni.
Toutefois, de ce jour la fusion fut complète entre les deux campements.
La jeune fille apportait en dot une caravane, un vieux cheval et cinquante écus enfouis au fond d'un vieux bas.
Le dompteur apportait de son côté son pécule qui se montait à trois mille francs environ et ses animaux.