—Ah!... fit le dompteur d'un ton soumis.

Il s'étendit sur son lit, la tête tournée vers le fond. Jean Tabary prit sa mère à part.

—Tu sais, je ne suis pas tranquille du tout... mais pas du tout!... Avec cela, pas moyen de consulter un médecin... ni de le faire placer dans un asile!... Vois-tu qu'il nous vende dans un accès de somnambulisme... Sûr, il doit avoir une fêlure depuis son accident. Une fêlure par là! ajouta Jean en se frappant le front du doigt.

—Nous voilà propres, avec un infirme pareil sur les bras, grogna Louise. Toute ma vie, ç'aura été la même chose... je n'aurai toujours eu affaire qu'à des emplâtres... Mais, sois tranquille, celui-là ne nous compromettra pas... Je lui serrerais plutôt le cou pour l'empêcher de parler!

Et, dès lors, Chausserouge fut soumis à une surveillance attentive de la part des Tabary. Mais il paraissait avoir recouvré son bon sens; il agissait, parlait comme avant cette scène d'auto-suggestion qui avait si fort effrayé Jean.

De temps en temps seulement, comme si une impulsion intérieure dont il n'était pas maître le faisait mouvoir, il se levait et se dirigeait vers la porte de la caravane.

—Où vas-tu? demandait Louise en lui barrant le chemin.

—A côté... là... dans la ménagerie... Voir si les bêtes sont bien soignées...

—Elles ne manquent de rien... Giovanni et mon garçon veillent à tout...

—Mais, je voudrais voir... les recettes... s'il y a du monde aux représentations...