Chausserouge venait de soulever un pan du tour de toile et il s'était introduit furtivement, une lanterne sourde à la main.

Dans le rayon de lumière projeté, son ombre se mouvait confusément. Un instant, il s'arrêta, respira longuement, comme si ses poumons étaient soudain réconfortés par cet air rempli d'émanations animales.

Puis il reprit sa marche, explora les coins et recoins de la ménagerie et sûr enfin d'être seul... et libre, il se dirigea vers la cage de Néron.

Mais l'animal l'avait senti; le muffle tourné du côté où il venait, l'oeil étincelant dans l'ombre, il grondait sourdement.

Chausserouge eut un ricanement en approchant de la bête. Debout devant la cage, il éleva la lanterne à la hauteur de sa tête et, d'une voix saccadée:

—C'est moi... et c'est aujourd'hui, mon vieux Vermieux, que nous allons régler notre dernier compte... Oui... oui! tu peux te battre les flancs avec ta queue... Tu vas voir si Chausserouge a peur!... Tu vas voir s'il cane!

Il accrocha sa lanterne à un poteau face à la cage, puis il se gratta la tête. Il avait besoin de voir clair et cette camoufle-là ne suffisait pas.

Un dernier coup d'oeil autour de lui.

Décidément, il était bien seul et il pouvait y aller sans danger. Du reste, ce ne serait pas long et il comptait bien que le combat ne durerait guère.

On n'aurait pas le temps d'apercevoir du dehors l'illumination et après, s'en aperçut-on, il serait bien temps de l'empêcher... quand il serait dans la cage!