Craignant d'être surpris par Jean, il se glissa tout habillé dans son lit et feignit de dormir.

La représentation terminée, Louise entra avec son fils pour se préparer à sortir, ainsi qu'ils en avaient prévenu François.

Dès le premier coup d'oeil, Louise acquit la certitude que son amant cherchait à les tromper. Elle se pencha vers lui, ne reconnut pas dans la respiration haletante du dompteur, le souffle régulier du vrai dormeur. Elle n'aperçut pas les habits pendus à la patère, selon l'habitude.

Pour ne rien laisser paraître, elle dit presque haut de manière à être entendue de Chausserouge:

—Il pionce bien tranquillement... nous pouvons partir!

Puis elle se pencha à l'oreille de son fils:

—Il ne dort pas... Il attend notre départ... C'est sûrement pour ce soir... filons vite!

Tous les deux descendirent, mais au lieu de prendre le chemin de la baraque d'Oiselli, ils contournèrent leur établissement et sans être vus de personne sur ce champ de foire désormais silencieux et désert, ils s'introduisirent sous l'auvent.

De là, en soulevant la portière, leurs regards pouvaient plonger dans l'intérieur de la ménagerie.

Ils attendaient en silence depuis un quart d'heure environ, quand dans l'angle opposé une lueur scintilla.