Pour elle, plus un instant de repos; chaque jour les mêmes ennuis se répétaient, les mêmes taquineries aggravées et attisées par la rancune de son tuteur.

Jean Tabary surtout montrait une âpreté, qui indignait les témoins habituels de ses méchancetés.

Zézette dévorait son chagrin en silence. Elle sentait que tous ces efforts conjurés tendaient à la forcer à fuir loin de cet établissement qui était sien, à quitter ce couple que sa présence gênait et c'est justement pourquoi elle tenait à se montrer tenace, à ne rien céder de ses droits.

Aussi, comme un jour Fatma, révoltée du cynisme des Tabary, lui offrait simplement de partir avec elle, de chercher un asile ailleurs qu'à la ménagerie, jusqu'à l'heure de sa majorité, refusa-t-elle énergiquement.

—Je suis chez moi, ma pauvre Fatma. Je resterai chez moi, malgré eux.

—Mais nous ne quitterons pas le Voyage... Tu les surveilleras d'un peu plus loin, voilà tout... Charlot, à qui j'ai raconté tes ennuis et qui maintenant, est à la tête d'un petit pécule, t'offre de le mettre à ta disposition... C'est de l'argent bien placé et il sera si heureux de t'être agréable!...

—Remercie-le de ma part... Peut-être aurai-je bientôt besoin de lui... ou plutôt de son aide... de sa protection. Puis-je toujours compter sur lui?

—Comme sur moi!

—Merci!

—Mais enfin, que comptes-tu faire? La position est intolérable.