—Pouvez-vous le demander, ma chère Zézette? dit le dompteur en saisissant la main de la jeune fille.
En même temps, il l'attira à lui, la regarda longuement dans les yeux:
—Demandez-moi... ce que vous voudrez! Tout!... Tout!...
—Même de quitter la ménagerie, demain... s'il le fallait!
—Même de quitter la ménagerie!... J'accepte tout, m'engageant d'avance à vous obéir aveuglément, sans même vous demander de raisons.
—Alors... dit Zézette, en baissant les paupières, vous m'aimez donc?
—Oui... je vous aime! Il y a en vous quelque chose qui me transporte... D'abord vous êtes belle... Vous êtes brave! Ah! je vous ai vue à l'oeuvre, le jour où votre pauvre père était aux prises avec Néron!... Je me suis dit ce jour-là, pour la première fois, que celui-là serait bien heureux qui parviendrait à se faire aimer de vous!
C'était la première parole d'amour qui résonnait à l'oreille de Zézette. Elle lui parut bien douce dans cet instant où elle allait aborder un entretien d'où peut-être allait dépendre sa destinée.
—Giovanni, dit-elle solennellement, jamais je n'oublierai les paroles que vous venez de prononcer... Elles m'ont fait tant de bien!... Merci!... Je vous dirai bientôt ce que j'attends de vous... Mais je veux, avant tout, que vous sachiez que, depuis bien longtemps, moi aussi, je vous estime pour votre courage et votre énergie!...
Elle s'enfuit, laissant le jeune homme stupéfait et charmé à la fois. En vain, il se creusa la tête pour découvrir le sens des paroles mystérieuses de la jeune fille.