On était assuré là d'un public de choix, qui saurait faire le succès qu'elle méritait à Zézette.

La presse qui avait pris l'initiative de la fête ne manquerait pas de célébrer ce petit prodige, et par une réclame habile de rendre à l'établissement la vogue qui jadis avait accueilli François Chausserouge à ses débuts.

La jeune fille avait un mois devant elle. Elle l'employa utilement et dès les premiers jours, à en juger par l'entrain et la vigueur qu'elle déploya, on ne put qu'augurer très bien du résultat de la prochaine campagne.

Elle s'était commandée un superbe costume bleu ciel, soutaché d'or, composé d'un dolman qui moulait sa taille fine et d'une jupe courte fendue sur le côté.

Des bottes vernies à glands d'or, un schapska complétaient son ajustement.

Quelques jours avant l'ouverture de la ménagerie, alors que tout le personnel s'occupait à monter la baraque, que pour l'occasion on se disposait à décorer fastueusement, Tabary, qui montrait une ardeur sans pareille, tenant à ne rien laisser au hasard, vint de nouveau trouver Zézette.

—Eh bien? lui demanda-t-il, es-tu contente de moi?

—Oui, bien contente...

—Alors, je viens te demander quelque chose... Dans quelques jours, tu vas être la dompteuse en pied de la grande ménagerie Chausserouge... Tu seras chez toi absolument. Nous n'aurons donc plus besoin de personne... Je suis là pour surveiller l'administration, et à nous deux, ça suffit... Toute autre dépense est inutile... J'ai dans l'intention de remercier Giovanni... Mais je n'ai pas voulu le faire sans te prévenir... C'est entendu, n'est-ce pas?

Mais Zézette n'entendait pas de cette oreille-là.