Sa surprise fut grande, lorsque, le lendemain du jour où Tabary lui avait fait l'aveu de son amour, il se présenta à elle, souriant et aimable comme il ne l'avait jamais été à son égard:

—Voilà, lui dit-il, en lui tendant un papier sur lequel s'étalait un large timbre administratif, voilà le commencement de ma vengeance... Il y a huit jours que je me dépense, sans te le dire, en démarches de toutes sortes afin d'obtenir pour toi la permission de travailler... J'ai fini, grâce à certaines influences, à gagner mon procès... Maintenant, tu es libre de reprendre tes exercices...

Zézette resta un moment sans voix, tremblante d'émotion.

—Alors, c'est vrai... Je vais pouvoir?... On me permet?...

—On vient de me remettre, de la part du commissaire, la notification qui vient de la Préfecture!

—Oh! merci! Je suis bien contente! dit la jeune fille en serrant la main de Tabary et en saisissant le papier qu'elle lut avidement.

—Et ce n'est pas fini, va! Je te jure que je te forcerai bien de m'aimer un peu!

Zézette déclara qu'elle entendait mettre immédiatement à profit l'autorisation, mais Jean Tabary fit observer avec raison qu'il ne fallait rien précipiter et qu'il convenait au contraire de réserver un début qui promettait d'être éclatant pour une occasion favorable.

La ménagerie se trouvait installée sur le boulevard de la Villette et la fête touchait à son terme; d'autre part, il était urgent de procéder à quelques répétitions; quelqu'entraînés que fussent les animaux par les exercices habituels auxquels les soumettait Giovanni, il était nécessaire de les habituer de nouveau à la jeune dompteuse.

Une grande fête de bienfaisance pour laquelle on avait réclamé le concours de la ménagerie se préparait à l'esplanade des Invalides.