—Jean, je te sais gré de ce que tu me dis là, mais c'est inutile... Je ne t'aime pas... et je ne puis pas t'aimer...

—Pourtant si je parvenais à te convaincre, à te prouver combien je suis sincère...

—Je te remercierais et nous continuerions à vivre en bonne intelligence...

—Alors, tu me défends d'espérer?... Prends garde!...

—Tu me menaces? interrogea Zézette avec hauteur.

—Je te menace, répliqua Jean en affectant de sourire, oui, mais pas comme tu l'entends... Je veux vaincre ta résistance et te conquérir, malgré toi... par le dévouement que je te montrerai... Tu verras!

Sur ces mots, il s'éloigna, et la jeune fille resta pensive, inquiète d'un revirement qui mettait dans sa vie une nouvelle complication, à l'heure même où elle pouvait espérer avoir, par son énergie, conquis sinon le bonheur, sinon une existence calme, dénuée de tous soucis.

S'il était vrai que Jean Tabary éprouvait pour elle une passion sincère, ne pouvait-elle pas s'attendre, étant donné le naturel haineux et foncièrement méchant de son tuteur, à des procédés dont elle ne pourrait se défendre, attendu qu'ils ne seraient pas employés contre elle, mais qui la blesseraient profondément en atteignant l'homme qu'elle aimait, Giovanni!

Elle s'attendait à tout et se promit de veiller, mais elle négligea toutefois d'informer le jeune dompteur de sa découverte et de lui faire part de ses craintes.

Il serait toujours temps de le mettre en garde lorsque le danger serait imminent.