Zézette ne put s'empêcher de pâlir.

—Tu m'aimes, toi? fit-elle effrayée d'un pareil aveu.

—Pourquoi pas? Tu es assez jolie pour ça... Avant aujourd'hui, je n'avais pas osé te le dire... Mais, puisque tu m'en fournis l'occasion! Ne l'avais-tu donc pas deviné?

Zézette mentit.

—Non! répondit-elle d'un ton ferme. Écoute! le passé est passé... Nous avons fait la paix et tu n'as rien à craindre de moi, puisque tu as rempli tes engagements. C'est par prudence que tu veux me persuader que tu éprouves pour moi une passion subite... C'est bien inutile et je ne te crois pas... D'ailleurs, quand ça serait vrai—et elle appuya sur le mot—nous ne pouvons pas nous aimer!...

—Alors, c'est l'autre... C'est Giovanni? demanda Jean en fronçant le sourcil.

—Je n'ai rien dit de pareil... J'ai beaucoup d'affection pour Giovanni, dont j'admire le courage, qui exerce le même métier que moi, avec lequel je parle de choses qui nous intéressent tous deux... C'est pourquoi je prends plaisir à me promener avec lui.. Voilà tout.

—C'est bien sûr? demanda encore Jean Tabary.

—Laissons là cette conversation, dit Zézette, et ne parlons jamais de cela.

—Zézette! tu reconnaîtras un jour que tu as tort et que je ne suis pas tel que tu penses. Ce n'est pas parce qu'on a fait des bêtises dans sa vie qu'on est incapable d'un bon sentiment... La preuve que je ne mens pas... c'est que je voudrais que tu me demandes n'importe quoi... quelque chose de très difficile... Pour t'être agréable, je ne reculerais devant rien... Et, sais-tu depuis quand je me suis aperçu que j'étais attiré vers toi, que je t'aimais... c'est depuis que je t'ai vue avec Giovanni... Zézette! je t'en prie, réfléchis!