Combien il lui serait agréable, après les fatigues de la journée, de rentrer chez lui, dans une caravane bien chaude et de finir la soirée à côté de la compagne qu'il aurait choisie. Oh! la fortune... l'argent... ça ne comptait pas pour lui... Il s'en moquait!... il mettait le bonheur au-dessus de toutes les richesses...

Et Zézette ne répondait pas... Seulement elle laissait peser davantage son bras sur celui de son ami, toute à ses pensées intimes.

Il leur arrivait parfois au moment où elle se séparait du jeune homme pour aller prendre un peu de repos, de voir glisser, non loin d'eux, dans l'obscurité, une ombre...

Tout d'abord, elle n'y prêta aucune attention, mais le même fait s'étant renouvelé le lendemain et les jours suivants, elle voulut en avoir le coeur net, épia les allées et venues de l'intrus, évidemment posté pour les surveiller et elle reconnut Jean Tabary.

—On nous observe! dit-elle tout bas à son ami. Je sais qui c'est!

Mais, bien que de son côté Giovanni eût deviné l'identité de cet étranger si curieux, ni l'un ni l'autre ne prononcèrent son nom.

Le lendemain, Zézette prit à part Jean Tabary:

—Pourquoi me surveilles-tu? lui demanda-t-elle. Je ne fais pas de mal... et tu sais bien nos conventions.

Jean n'essaya pas de se disculper.

—Je te surveille, dit-il, parce que je t'aime et que je suis jaloux, répliqua-t-il avec franchise.