Et le lendemain, et les jours suivants, il renouvela son périlleux exercice avec le même succès que la veille.
Cependant le petit François grandissait.
Le père l'entourait d'une affection jalouse; l'enfant ressemblait trait pour trait à sa mère et il croyait voir revivre en lui sa défunte.
La vieille bonne-ferte élevait son petit-fils en vrai ramoni.
Si à sept ans, François ne connaissait pas ses lettres, il lisait couramment les tarots et parlait sa langue originelle.
Habitué à vivre au milieu d'eux, les rugissements des fauves ne l'effrayaient pas. Au contraire, son grand bonheur était de pouvoir passer son après-midi dans la ménagerie, tandis que son père, enfermé dans la cage centrale, dressait les animaux.
Il lui arrivait de dire:
—Quand je serai grand, moi aussi je dompterai les lions!
Alors le père l'interrompait:
—Quand tu seras grand, tu iras au collège et on fera de toi un savant afin que tu puisses devenir un jour un monsieur, «un diplomate!»