Il comptait sans l'énergie de Zézette.

Bien que la dompteuse eut montré jusqu'alors une force de caractère dont eussent été capables peu de jeunes filles de son âge, il était loin de supposer qu'elle pût résister à l'assaut désespéré qu'il était résolu à lui livrer.

Il se trompait. Les menaces qu'il lui avait faites fort imprudemment avaient éveillé les soupçons de l'enfant, qui, connaissant le caractère de son tuteur, s'attendait à tout et avait pris ses mesures en conséquence.

Elle avait le pressentiment qu'elle courait un grand danger; elle arrangea sa vie de façon à ne jamais demeurer seule.

Depuis huit jours, elle avait demandé à Giovanni, qui logeait en ville, de ne plus quitter les abords de la ménagerie, même la nuit, surtout la nuit.

Certes, elle n'était pas peureuse, mais une sorte de superstition lui faisait craindre, se sachant en butte aux poursuites de l'assassin, de rester seule dans cette caravane, où avait été tué Vermieux.

Giovanni, sans demander d'explication, s'était conformé au désir de sa maîtresse.

Pendant tout le jour il était son chevalier fidèle, et le soir, il se retirait dans une caravane voisine, d'où il lui était facile d'accourir au premier appel.

La journée du lendemain se passa sans incident. Jean Tabary, bien que fort soucieux, se montra comme toujours très prévenant, fort empressé pour la jeune fille.

Pourtant dans la soirée, il lui demanda comme la veille, comme tous les jours: