Zézette hésita une minute. Une rougeur subite colora ses joues..
Voilà que subitement et au moment où elle s'y attendait le moins, ses adversaires se révoltaient. Voici que furieux d'avoir été vaincus une première fois, ils se décidaient à jouer leur dernière carte, le tout pour le tout!
A quel parti s'arrêter?
Son plan échouait puisqu'elle était désarmée, puisque la menace d'une dénonciation ne les effrayait plus. Elle pesa mentalement les conséquences de la décision suprême qu'elle allait prendre.
Sans doute le résultat de cette réflexion rapide la satisfit; elle estima que même livrée à elle-même, puisqu'elle avait depuis longtemps renoncé à mettre la justice en mouvement, et aidée par ses complices, elle était de taille à gagner cette dernière partie, car un sourire éclaira sa physionomie.
—Oui, dit-elle enfin, c'est mon dernier mot.
—Eh bien! au revoir, ma fille, nous allons rire! fit la Tabary en prenant congé et cessant désormais de dissimuler.
Elle sortit en faisant claquer la porte de la caravane et courut rejoindre son fils.
—Tu sais, dit-elle à Jean, la môme est à la rebiffe! Ah! ma foi, ça m'a tellement exaspérée que je lui ai lâché son paquet... Je l'ai mise en demeure de nous dénoncer si bon lui semble, mais je lui ai signifié qu'elle ait désormais à nous obéir comme par le passé.
—Tu as fait cela! dit Jean en se soulevant vivement sur un coude, alors nous sommes fichus!