—On ne peut pas résister à sa destinée, répétait sans cesse François, à qui la vieille grand'mère avait inculqué son fanatisme et ses superstitions.!

—Eh bien! advienne que pourra! prononça Chausserouge.

De ce jour, il eut un lieutenant sur lequel il pouvait aveuglément compter.

A François était dévolue la tâche de surveiller les garçons, d'assurer le service des vivres, de seconder son père en faisant «l'explication» pendant le cours des représentations, de présider au montage et au démontage de l'établissement à chacun des déplacements de la ménagerie.

Mais François ne se résignait qu'à regret à ce rôle qu'il jugeait par trop effacé.

Ce qu'il voulait, c'était affronter, lui aussi, les crocs des fauves, soumettre à sa volonté les redoutables pensionnaires de la ménagerie.

Il avait soif des applaudissements qui saluaient son père, chaque fois qu'il avait terminé ses exercices.

Vivre libre, courir les routes, ne plus être obligé de pâlir sur des livres entre quatre murs, c'était très bien, mais ce qui l'attirait, c'était l'appât du danger et le bruit des bravos, journalière récompense de la glorieuse victoire de l'homme sur la bête.

Lui aussi, il voulait voir fixés sur lui les yeux de tout un public frémissant de crainte, partagé entre l'effroi et l'admiration.

Mais quand il parla pour la première fois à son père d'entrer à son tour dans les cages, de commencer son apprentissage, il se heurta à un refus formel.