—Jean Tabary n'a pas plus peur de Néron que de toi!

—C'est possible! Mais qu'il se le tienne pour dit! Et puis, finissons-en! Tu ne sors pas de la culotte du pape... Tu es comme moi un paysan, un Chausserouge... un saltimbanque... Tu vivras en saltimbanque, puisque tu l'as voulu... puisque, malgré moi, c'est cet état-là que tu as choisi! Voilà tout ce que j'ai à te dire!

—C'est ton dernier mot?

—C'est mon dernier mot!

Rentré seul dans sa caravane, le vieux Chausserouge pleura pour la première fois peut-être depuis la mort de sa femme, mais n'importe, il avait déchargé son coeur.

Il s'applaudit tout bas de l'énergie qu'il avait montrée et il se jura de ne pas céder. N'était-ce pas le bonheur de son enfant qu'il adorait, qui était en jeu?

Il n'avait que trop tardé à faire acte d'autorité. Il n'était que temps de réagir, avant que le pli ne fût pris irrémédiablement.

Et, en effet, il tint parole.

A partir de ce jour, il reprit en mains les rênes du gouvernement.

Il s'installa au contrôle, s'occupa des multiples détails de l'administration et François, qui jadis puisait à pleines mains dans la caisse commune, dut désormais passer chaque samedi toucher sa paye, comme le dernier des palefreniers.