Il ne pouvait en être autrement.

Mais la personnalité qu'elles révèlent n'a rien de mesquin, rien de bas.

Le cri pétulant de l'égoïste superficiel qui était la marque caractéristique des Sonnets d'amour de Proteus ne se trouve plus ici.

Il a fait place à une douleur ardente, à un dédain terrible, à une rage farouche, à une passion pareille à la flamme.

Un sonnet comme le suivant jaillit vraiment du foyer d'un cœur et d'un cerveau en feu:

Dieu le sait, ce ne fut point d'après un plan mûri d'avance que je quittai le confortable séjour de ma paix, et que je cherchai cette lutte contre l'Impie, et que sans trêve, pendant des années qui ne cessent point,

j'ai guerroyé avec les Puissances et les Principautés. L'âme que m'a faite la Nature, avant l'heure de ces querelles, était comme une sœur soucieuse de plaire, aimant tout, et par-dessus tout, le clan des hommes.

Dieu le sait. Et il sait combien les larmes de l'Univers, me touchèrent. Et il est témoin de ma colère, sait comment elle s'alluma contre les meurtriers

qui assassinaient pour de l'or, et comment sur leur route j'allai à leur rencontre. Et depuis ce jour-là, le monde en armes frappe droit à ma vie avec des colères et des alarmes.

Et le sonnet que voici a toute la force étrange de ce désespoir qui n'est que le prélude d'une espérance plus vaste: