Ils sont le récit d'une des grandes tragédies de l'Europe moderne.
En eux, l'Angleterre a écrit elle-même son propre acte d'accusation et a donné à l'univers l'histoire de sa honte.
Si, dans le siècle dernier, elle tenta de gouverner l'Irlande avec une insolence qu'intensifiait le préjugé de race et de religion, elle a cherché en ce siècle-ci à la gouverner avec une stupidité qui fut aggravée par de bonnes intentions.
Toutefois, le dernier de ces Livres Bleus, un lourd roman de M. Froude[50], a paru un peu trop tard.
La société, qu'il décrit, a disparu depuis longtemps.
Un facteur entièrement nouveau s'est montré dans le développement social du pays, et ce facteur, c'est l'Irlandais-Américain, et son influence.
Pour mûrir ses facultés, concentrer ses actes, apprendre le secret de sa propre force, et de la faiblesse de l'Angleterre, l'intellect celtique a dû traverser l'Atlantique.
Chez lui, il n'avait appris que la touchante faiblesse de la nationalité; à l'étranger, il a pris conscience des forces indomptables que possède la nationalité.
Ce que fut pour les Juifs la captivité, l'exil l'a été pour les Irlandais.
L'Amérique et l'influence américaine ont fait leur éducation.