Leur premier chef pratique est un Irlandais américain.
Mais si le livre de M. Froude n'a point de relation pratique avec la politique irlandaise moderne et ne présente point de solution de la question présente, il a une certaine valeur historique.
C'est un vivant tableau de l'Irlande dans la dernière moitié du dix-huitième siècle, tableau où les lumières sont souvent fausses, les ombres exagérées, mais ce n'en est pas moins un tableau.
M. Froude avoue le martyre de l'Irlande, mais il regrette que le martyre n'ait point été poussé jusqu'au bout.
Le reproche, qu'il fait au bourreau, n'est point d'exercer son métier, mais de le bousiller.
Il ne reproche point à l'épée d'être cruelle, mais d'être émoussée.
Un gouvernement résolu, ce Shibboleth superficiel de ceux qui ne comprennent pas quelle chose compliquée c'est que l'art du gouvernement, voilà sa panacée posthume pour les maux passés.
Son héros, le Colonel Goring, a toujours sur les lèvres les mots: Ordre, loi. Il entend par le premier l'application violente d'une législation injuste; le second signifie pour lui la suppression de toute noble aspiration nationale.
Un gouvernement qui impose l'iniquité, et des gouvernés qui s'y soumettent, voilà ce qui paraît à M. Froude, et ce qui est certainement pour bien d'autres, le vrai idéal de la science politique.
Ainsi que la plupart des hommes de plume, il exagère le pouvoir de l'épée.