Partout où l'Angleterre a dû lutter, elle a été prudente.
Partout où elle a eu, comme en Irlande, la force matérielle de son côté, elle s'est vue paralysée par cette force.
Ses mains vigoureuses lui ont fermé les yeux.
Elle a eu de la force et n'a point eu de direction.
Naturellement il y a une histoire dans le roman de M. Froude. Ce n'est pas une simple thèse politique.
L'intérêt du récit, tel quel, se concentre autour de deux hommes, le Colonel Goring et Morty Sullivan, l'homme de Cromwell et le Celte.
Ces deux hommes sont ennemis par la race, par la religion, par le sentiment.
Le premier représente le remède de M. Froude pour l'Irlande. Il est résolument anglais, avec de fortes tendances non-conformistes. Il établit une colonie industrielle sur la côte de Kerry, et il a des objections profondément enracinées contre le commerce de contrebande avec la France, qui, au siècle dernier, était le seul moyen qu'eut le peuple irlandais pour payer ses fermages à des propriétaires absentéistes.
Le Colonel Goring regrette amèrement que les lois pénales contre les Catholiques ne soient pas rigoureusement appliquées.
C'est un homme de la Police «à tout prix».