Même dans sa métaphysique, Chuang-Tzù possède un humour intense.

Il personnifie ses abstractions et leur fait jouer des pièces devant vous.

Il nous conte comme l'Esprit des Nuées, se rendant du côté de l'Est à travers l'espace aérien, rencontra par hasard le Principe Vital.

Ce dernier se donnait des tapes sur les côtes et allait sautillant.

Sur quoi l'Esprit des Nuées dit:

—Qui êtes-vous, vieux, et que faites-vous?

—Je me promène, répondit le Principe Vital, sans s'arrêter, car toutes les activités sont incapables de repos.

—Je voudrais bien savoir quelque chose, dit l'Esprit des Nuées.

—Ah! s'écria le Principe vital, d'un ton de désapprobation.

Puis vient un merveilleux entretien, qui offre quelque analogie avec celui du Sphinx et de la Chimère dans le curieux drame de Flaubert.