M. Stephen Phillips a une Muse plus solennelle, plus classique.
Son œuvre la meilleure est son Oreste.
La Justice m'a appelé dans des pays lointains, la froide reine parmi les morts, qui après la chaleur et la hâte enfin trouve le loisir pour sa voix forte et ferme qui puise du calme dans les grandes profondeurs de l'enfer. Elle m'a appelé, me disant: «J'ai entendu un cri pendant la nuit? Va et ne fais pas de question; dans ta demeure ma volonté attend l'exécution. ........................................ ........ Et elle gît là, ma mère! oui, encore ma mère. O chevelure avec laquelle j'ai joué dans cette demeure! O yeux qui m'ont reconnu un instant à mon arrivée, et se sont éclairés et ont battu d'affection; et l'instant d'après ont été éteints par ma main! Oh! malheur à moi! Vous ne vous poserez plus sur moi en ce monde. Pourtant tu seras peut-être plus heureuse, si tu vas En quelque terre de vent et de feuilles agitées, dormir sous une étoile; mais quant à moi, l'Enfer a faim, et les Furies infatigables attendent.
Milton et le procédé de la tragédie grecque, telles sont les influences qui ont agi sur M. Phillips, et ici encore nous allons dire: quelles influences meilleures pouvaient agir sur un jeune poète?
Son vers a de la dignité et de la distinction.
M. Cripps a parfois de la mélodie, et M. Binyon, le récent lauréat d'Oxford, nous prouve dans son Ode lyrique sur la jeunesse, qu'il sait manier adroitement un mètre difficile, et que, dans le sonnet suivant, il est capable de saisir les doux échos qui dorment dans les sonnets de Shakespeare:
Je ne puis relever mes paupières, quand s'en va le sommeil sans être visité par des pensées de vous. Le repos n'a rien dont la fraîcheur soit à moitié aussi profonde Que le doux matin, qui réveille de nouveau mon cœur. Je ne puis éloigner le trivial souci de la vie que vous ne veniez aussitôt, furtivement, avec votre charme, vers moi? Mes plus purs moments sont votre fidèle miroir; Ma plus profonde pensée trouve en vous la vérité la plus brillante. Vous êtes la charmante reine qui règne sur mon esprit, le ciel constant pour la mer toujours agitée; pourtant puisque c'est vous qui régnez sur moi, comment ne pas trouver une plus douce liberté en une telle tyrannie. Si les anxieux royaumes du monde étaient ainsi gouvernés, leurs souffrances s'effaceraient, leur plainte s'éteindrait à demi.
En somme, Primavera est un agréable petit livre, et nous nous empressons de lui souhaiter la bienvenue.
Il est «établi» d'une façon charmante, et les étudiants de l'Université gagneront à le lire pendant les heures de leçon.