À l'Éditeur du "Daily Chronicle".
Monsieur,
J'apprends avec un grand regret, par la lecture de votre journal, que le gardien Martin, de la prison de Reading, a été renvoyé par les commissaires de la Prison pour avoir donné quelques biscuits sucrés à un petit enfant affamé.
J'ai vu les trois enfants, le lundi qui a précédé ma mise en liberté,
Ils venaient d'être condamnés.
Ils étaient rangés, en ligne, debout dans le hall central, vêtus du costume de la prison, leurs draps sous le bras, prêts à se rendre dans les cellules qui leur avaient été assignées.
Je passais par hasard par une des galeries qui se trouvaient sur mon chemin pour aller au parloir, où je devais avoir la visite d'un ami.
C'étaient de tout petits enfants.
Le plus jeune,—celui auquel le gardien a donné les biscuits,—était un tout petit garçon, pour lequel il avait été évidemment impossible de trouver des vêtements à sa taille.