Si un particulier, père ou tuteur, traitait ainsi un enfant, il serait sévèrement puni.
La Société pour répression de la cruauté envers l'enfance devrait s'occuper de cela sans délai.
Il y aurait partout un mouvement de haine contre quiconque se serait rendu coupable d'une telle cruauté.
Certes, une peine sévère doit être appliquée après la faute établie, mais notre société actuelle fait elle-même pis, et pour l'enfant, être traité ainsi par une force abstraite dont les droits sont pour lui chose inintelligible, c'est bien pire que s'il était traité de la même façon par un père, une mère, ou une personne qu'il connaîtrait.
Un traitement inhumain infligé à un enfant, est toujours chose inhumaine, quel qu'en soit l'auteur.
Mais un traitement inhumain par la société est pour l'enfant d'autant plus terrible qu'il n'y a pas d'appel.
Un parent ou un tuteur peuvent être touchés, et faire sortir un enfant de la chambre sombre et solitaire où il a été enfermé.
Un gardien ne le peut pas.
La plupart des gardiens ont une grande affection pour les enfants. Mais le système leur interdit d'en témoigner quoique ce soit à un enfant.
S'ils le font, ainsi que l'a fait le gardien Martin, ils sont révoqués.