Aucun prisonnier n'est autorisé, en quelques circonstances que ce soit, à quitter sa cellule après cinq heures et demie du soir.

Si donc il est atteint de diarrhée, il faut que sa cellule lui serve de latrines, et qu'il passe la nuit dans une atmosphère aussi fétide que malsaine.

Quelques jours avant ma libération, Martin faisait la ronde à sept heures et demie, avec un des gardiens-chefs pour ramasser l'étoupe et les outils des prisonniers.

Un homme, tout récemment condamné et auquel la nourriture avait donné une violente diarrhée, ainsi que cela arrive toujours, demanda au gardien-chef l'autorisation de vider le baquet de sa cellule, à cause de l'horrible odeur qui régnait dans sa cellule, et pour le cas où il serait indisposé pendant la nuit.

Le gardien-chef répondit par un refus formel: c'était contraire aux règlements.

L'homme devait passer la nuit dans ce terrible état de choses.

Mais Martin, plutôt que de voir ce malheureux dans une situation aussi répugnante, dit qu'il viderait lui-même le baquet de cet homme, et il le fit.

Un gardien, qui vide le baquet d'un prisonnier, cela est évidemment contre les règles, mais Martin accomplit cet acte de bonté simplement parce qu'il était d'un naturel humain, et l'homme lui en fut très reconnaissant, ce qui était naturel.

En ce qui concerne les enfants, on a beaucoup parlé, beaucoup écrit en ces derniers temps de l'influence corruptrice qu'exerce la prison sur un jeune enfant.

Ce qui a été dit est très vrai.