Je faisais ma promenade à sept heures et demie avec une douzaine d'autres hommes, quand les enfants passèrent près de nous, accompagnés d'un gardien, revenant de la cour empierrée, humide, morne, où ils avaient pris l'air.
Je vis la plus profonde pitié dans les regards que mes compagnons jetèrent sur eux.
Les prisonniers, pris en masse, sont extrêmement bons et pleins de sympathie l'un envers l'autre.
La souffrance, et la souffrance en commun, donne de la bonté aux hommes, et jour par jour, en allant et venant par la cour, je me rappelais avec plaisir et consolation ce que Carlyle appelle quelque part le «silencieux charme rythmique de la compagnie humaine».
En cela, comme en toute autre chose, les philanthropes et les gens de même sorte font fausse route.
Ce ne sont pas les prisonniers qui ont besoin de réforme; ce sont les prisons.
Certes, on ne devrait jamais envoyer en prison un enfant au-dessous de quatorze ans.
C'est là une absurdité, et comme bien des absurdités, il en résulte des choses absolument tragiques.
Si toutefois il faut les envoyer en prison, on devrait leur faire passer la journée dans un atelier ou une salle d'école avec un gardien.
Il faudrait qu'ils passent la nuit dans un dortoir, avec un gardien de nuit pour les surveiller.