Le héros de Wilde, en vertu de cet étrange raisonnement, commet donc son crime par devoir. Or, si l'on lit avec soin les ouvrages que de savants médecins ont consacrés au cas du romancier, on verra quelle illustration cette nouvelle apporte aux théories les plus récentes.
Les contes qui complètent ce volume sont, tout au contraire, de pures fantaisies littéraires, des pages de l'exquis dilettante que fut Wilde. Il y a là quelques traits de cette ironie que les critiques d'Outre-Manche appelaient des Wildismes.
Le lecteur aura ainsi un point de comparaison qui lui permettra de rejeter ou d'admettre les considérations présentées plus haut.
LE TRADUCTEUR.
La première édition de la nouvelle Le Crime de lord Arthur Savile a paru en juillet 1891 chez l'éditeur Osgood. Cette nouvelle a été réimprimée à 300 exemplaires pour les seuls curieux. Cette édition, sans date, ne porte aucun nom d'éditeur ni d'imprimeur.
LE CRIME DE LORD ARTHUR SAVILE
I
C'était la dernière réception de lady Windermere, avant le printemps.
Bentinck House était, plus que d'habitude, encombré d'une foule de visiteurs.
Six membres du cabinet étaient venus directement après l'audience du speaker, avec tous leurs crachats et leurs grands cordons.