En outre, il était absurde d'imaginer que quelque éditeur du temps, - et la préface est de la main de l'éditeur - aurait osé appeler William Herbert comte de Pembroke monsieur.

Le cas de lord Buckhurst, qualifié de M. Sackville, n'a rien de similaire, car lord Buckhurst n'était pas un pair, mais simplement le plus jeune fils d'un pair qui recevait un titre de courtoisie, et le passage du _Parnasse d'Angleterre, _où il est ainsi parlé de lui, n'est pas une dédicace en forme et avec apparat, mais une simple allusion fortuite.

Voilà pour lord Pembroke, dont Cyril démolissait aisément les prétendues prétentions, tandis que je restais abasourdi de sa démonstration.

Pour lord Southampton, Cyril éprouvait encore moins de difficultés.

Southampton devint, à un âge encore tendre, l'amoureux d'Elisabeth
Vernon: il n'avait donc pas besoin qu'on le suppliât de se marier.

Il n'était pas beau. Il ne ressemblait pas à sa mère, comme monsieur W. H.

Tu es le miroir de ta mère, et elle retrouve en toi l'aimable avril de sa jeunesse…

et par dessus tout son nom de baptême était Henry, tandis que les sonnets à jeux de mots (le 135e et le 143e) prouvent que le nom de baptême de l'ami de Shakespeare était le même que le sien, Will.

Quant aux autres insinuations des infortunés commentateurs que monsieur W. est une faute d'impression pour monsieur W. S., c'est- à-dire William Shakespeare; que _monsieur W. H. all _doit être un monsieur W. Hall, que monsieur W. H. est monsieur William Hathevay et qu'après Wisheth[9] il faut mettre un point, ce qui fait de monsieur W. H. l'auteur et non le sujet de la dédicace, Cyril se débarrassa d'elles en fort peu de temps et il ne vaut pas la peine de mentionner ses raisonnements, quoique je me souvienne qu'il me fit éclater de rire en me lisant -je suis heureux de dire que ce ne fut pas dans l'original - quelques extraits d'un commentateur allemand du nom de Bernstroff qui prétendait soutenir que monsieur Will n'était autre que monsieur William Himself (lui-même).

Graham se refusait à admettre un seul instant que les _Sonnets _fussent de pures satires de l'oeuvre de Drayton et de John Davies d'Hereford.