Plus tard, un peu avant sa mort, comme il était assis à un repas de fête, la femme entra et vint lui répandre sur la chevelure des parfums de grand prix. Les amis de Jésus voulurent s'y opposer. Ils dirent que c'était là de l'extravagance, et que le prix de ces parfums aurait dû être employé à secourir charitablement des gens dans le besoin ou à quelque autre usage analogue. Jésus n'agréa point cette manière de voir. Il fit remarquer que les besoins matériels de l'homme sont nombreux et très constants, mais que les besoins spirituels de l'homme sont plus grands encore, que, dans un moment divin, une personnalité peut se rendre parfaite, en choisissant elle-même son mode d'expression. Et aujourd'hui encore le monde honore cette femme comme une sainte.
Oui, il y a dans l'individualisme des choses suggestives.
Par exemple le socialisme anéantit la vie de famille.
Quand disparaîtra la propriété privée, le mariage, sous sa forme actuelle, devra disparaître.
Cela fait partie du programme.
L'individualisme y adhère et ennoblit cette thèse. À la contrainte légale, qui est abolie, il substitue une forme libre qui favorisera le développement total de la personnalité, rendra plus admirable l'amour de l'homme et de la femme, embellira cet amour, l'ennoblira.
Jésus savait cela. Il se refusa aux exigences familiales, bien que, dans son temps et dans son pays, elles eussent une forme très précise.
- Où est ma mère? où sont mes frères? dit-il quand on l'informa qu'ils demandaient à lui parler.
Lorsqu'un de ses disciples lui demanda la permission de s'en aller pour donner la sépulture à son père, il lui fit cette réponse terrible:
- Laissez les morts ensevelir les morts. Il n'admettait aucune exigence qui pût entamer la personnalité.