La vulgarité et la stupidité sont deux faits fort vivants dans l'existence moderne, on le regrette, c'est tout naturel. Mais ils sont là. Ce sont des sujets d'étude comme n'importe quelle autre chose.
Et il n'est que juste de constater, à propos des journalistes modernes, qu'ils s'excusent toujours en particulier, de ce qu'ils ont écrit publiquement contre un homme.
Dans les quelques dernières années, il faut mentionner deux adjectifs nouveaux qui sont venus s'ajouter au vocabulaire si restreint d'injures dont le public dispose à l'égard des artistes.
L'un de ces mots, c'est le terme de «malsain», l'autre, le mot d' «exotique.»
Ce dernier exprime simplement la rage qu'éprouve l'éphémère champignon contre l'immortelle orchidée dans son charme séducteur, dans son exquise élégance. C'est un hommage, mais un hommage de peu de prix.
Quant au mot «malsain», celui-là est susceptible d'analyse; c'est un mot qui n'est pas dépourvu d'intérêt, et même, il est si intéressant que ceux qui l'emploient ne savent pas ce qu'il signifie.
Qu'est-ce qu'il signifie?
Qu'est ce qu'une oeuvre d'art qui est saine ou malsaine?
Tous les termes qu'on applique à une oeuvre d'art, à condition de les appliquer rationnellement, se rapportent ou à son style, ou à son sujet, ou à tous deux ensemble.
Au point de vue du style, une oeuvre d'art saine est celle où le style rend hommage à la beauté des matériaux qu'il emploie, que ces matériaux soient des mots ou du bronze, des couleurs ou de l'ivoire et utilise cette beauté comme un élément qui doit concourir à l'effet artistique.