C'est le point vers lequel tend tout développement.

C'est l'état hétérogène auquel aboutit la croissance de tout organisme. C'est la perfection inhérente à tout mode de vie, et vers laquelle tout mode de vie tend d'une vitesse accélérée.

Aussi l'individualisme n'exerce-t-il aucune contrainte sur l'homme. Loin de là, il dit à l'homme qu'il ne doit se laisser imposer aucune contrainte. Il ne s'évertue pas à forcer les gens d'être bons. Il fait que les hommes sont bons quand on leur laisse la paix.

L'homme tirera l'individualisme de lui-même. C'est ainsi que l'homme développe actuellement l'individualisme. Quand on demande si l'individualisme est praticable, c'est comme quand on demande si l'évolution est praticable.

L'évolution est la loi de la vie et il ne s'accomplit d'évolution que dans le sens de l'individualisme.

Lorsque cette tendance ne se manifeste pas, c'est qu'on a affaire à un cas d'arrêt artificiel de développement, à un cas de maladie, à un cas mortel.

L'individualisme sera aussi dépourvu d'égoïsme et d'affection.

On a déjà fait remarquer que l'un des résultats de l'extraordinaire tyrannie qu'exerce l'autorité consiste en ce que les mots sont violemment détournés de leur sens propre et simple, et employés de façon à exprimer le contraire de leur signification naturelle.

Ce qui est vrai pour l'art est vrai pour la vie.

De nos jours, on dit qu'un homme est affecté, quand il s'habille comme il lui plaît, mais c'est justement en agissant ainsi qu'il se montre dans tout son naturel. Sur ces points là, l'affectation consiste à s'habiller conformément à la manière de voir des autres, manière de voir qui a bien des chances d'être tout à fait stupide, étant celle de la majorité.