- Mais est-ce un faux? demandai-je.
- Certes oui, dit Erskine. C'était un faux très bien fait, mais ce n'en était pas moins un faux.
Je crus alors que Cyril avait eu ses apaisements sur toute cette question, mais je me souviens qu'il me dit plus d'une fois que pour lui il n'était besoin d'aucune preuve de ce genre et qu'il croyait la théorie complète, même sans cela.
Je riais de sa confiance.
Je lui dis que sans cette preuve toute la théorie dégringolait à terre et je le félicitai chaudement de sa merveilleuse découverte.
Alors nous décidâmes que le portrait serait gravé ou reproduit en fac-similé et placé comme frontispice en tête de l'édition des _Sonnets _de Cyril.
Pendant trois mois, nous ne fîmes que repasser tous les poèmes vers par vers jusqu'à ce que nous eûmes dominé toutes les difficultés du texte ou de sens.
Un malheureux jour, j'étais dans un magasin d'estampes à Holborn, quand je vis sur le comptoir quelques dessins à la pointe d'argent extrêmement beaux.
Je fus si fort attiré par eux que je les achetai, et le propriétaire du magasin, un certain Rawlings, me dit qu'ils étaient l'oeuvre d'un jeune peintre nommé Edward Merton qui était très habile, mais aussi pauvre qu'un rat d'église.
Quelques jours après, j'allai voir Merton dont le marchand d'estampes m'avait donné l'adresse.