_Mais ton éternel été ne se flétrira pas et ne sera pas dépossédé de tes grâces. La mort ne se vantera pas de ce que tu erres sous son ombre, quand tu grandiras dans l'avenir _EN VERS ÉTERNELS.
Tant que les hommes respireront et que les yeux pourront voir, ceci vivra et te donnera la vie…
l'expression _vers éternels _fait clairement allusion à une de ses pièces qu'il lui envoyait en même temps, de même que la strophe finale vise sa confiance dans la probabilité que ses pièces soient toujours jouées.
Dans une apostrophe à la muse dramatique (sonnets C et CI), nous trouvons la même pensée.
Où donc es-tu, muse, pour oublier si longtemps de parler de ce qui te donne toute ta puissance? Dépenses-tu ta force à quelque indigne chant, couvrant d'ombre ta poésie pour mettre la lumière sur de vils sujets?
s'écrie-t-il.
Puis il reproche à la muse de la Tragédie et de la Comédie son abandon de la vérité resplendissante de beauté et dit:
Quoi! Parce qu'il n'a pas besoin d'éloges, vas-tu devenir muette? Ne donne pas ce prétexte à ton silence, car il ne tient qu'à toi de faire vivre mon ami au delà d'une tombe dorée et de le faire louer par les siècles futurs.
Allons, muse, à l'oeuvre! Je vais t'apprendre à le faire voir à l'avenir tel qu'il apparaît aujourd'hui.
C'est pourtant peut-être dans le 55e sonnet que Shakespeare donne à son idée l'expression la plus ample.