- Monsieur W. H.! m'écriai-je. Qui donc est monsieur W. H.?
- Ne vous souvenez-vous pas? répondit-il. Regardez le livre sur lequel reposent ses mains.
- Je vois qu'il y a là quelque chose d'écrit, mais je ne puis le lire, répliquai-je.
- Prenez cette loupe grossissante et essayez, dit Erskine sur les lèvres de qui se jouait toujours le même sourire de tristesse.
Je pris la loupe et approchant la lampe un peu plus près, je commençai à épeler l'âpre écriture du seizième siècle:
À l'unique acquéreur des sonnets ci-après.
- Dieu du ciel m'écriai-je. C'est le monsieur W. H., de
Shakespeare.
- Cyril Graham prétendait qu'il en était ainsi, murmura Erskine.
- Mais il n'a pas la moindre ressemblance avec lord Pembroke, répondis-je. Je connais très bien les portraits de Penhurst[5]. J'ai demeuré tout près de là il y a quelques semaines.
- Alors vous croyez vraiment que les sonnets sont adressés à lord
Pembroke[6]? demanda-t-il.