Là, M. Otis s'informa auprès du chef de gare, si on n'avait pas vu sur le quai de départ une personne répondant au signalement de Virginia, mais il ne put rien apprendre sur elle.
Néanmoins le chef de gare lança des dépêches le long de la ligne, en amont et en aval, et lui promit qu'une surveillance minutieuse serait exercée.
Ensuite, après avoir acheté un chapeau pour le petit duc chez un marchand de nouveautés qui se disposait à fermer boutique, M. Otis chevaucha jusqu'à Bexley, village situé à quatre milles plus loin, et qui, lui avait-on dit, était très fréquenté des bohémiens.
Quand on eut fait lever le garde champêtre, on ne put tirer de lui aucun renseignement.
Aussi, après avoir traversé la place, les deux cavaliers reprirent le chemin de la maison, et rentrèrent à Canterville vers onze heures, le corps brisé de fatigue, et le coeur brisé d'inquiétude.
Ils trouvèrent Washington et les jumeaux qui les attendaient au portail, avec des lanternes, car l'avenue était très sombre.
On n'avait pas découvert la moindre trace de Virginia.
Les bohémiens avaient été rattrapés sur la prairie de Brockley, mais elle ne se trouvait point avec eux.
Ils avaient expliqué la hâte de leur départ en disant qu'ils s'étaient trompés sur le jour où devait se tenir la foire de Chorton, et que la crainte d'arriver trop tard les avait obligés à se dépêcher.
En outre, ils avaient paru très désolés de la disparition de Virginia, car ils étaient très reconnaissants à M. Otis de leur avoir permis de camper dans son parc. Quatre d'entre eux étaient restés en arrière pour prendre part aux recherches.