On avait vidé l'étang aux carpes. On avait fouillé le domaine dans tous les sens, mais on n'était arrivé à aucun résultat.

Il était évident que Virginia était perdue, au moins pour cette nuit, et ce fut avec un air de profond accablement que M. Otis, et les jeunes gens rentrèrent à la maison, suivis du groom qui conduisait en main le cheval et le poney.

Dans le hall, ils trouvèrent le groupe des domestiques épouvantés.

La pauvre Mrs Otis était étendue sur un sofa dans la bibliothèque, presque folle d'effroi et d'anxiété, et la vieille gouvernante lui baignait le front avec de l'eau de Cologne.

M. Otis insista aussitôt pour qu'elle mangeât un peu, et fit servir le souper pour tout le monde.

Ce fut un bien triste repas.

On y parlait à peine, et les jumeaux eux-mêmes avaient l'air effarés, abasourdis, car ils aimaient beaucoup leur soeur.

Lorsqu'on eut fini, M. Otis, malgré les supplications du petit duc, ordonna que tout le monde se couchât, en disant qu'on ne pourrait rien faire de plus cette nuit, que le lendemain matin il télégraphierait à Scotland-Yard, pour qu'on mît immédiatement à sa disposition quelques détectives.

Mais voici qu'au moment même où l'on sortait de la salle à manger, minuit sonna à l'horloge de la tour.

À peine les vibrations du dernier coup étaient-elles éteintes qu'on entendit un craquement suivi d'un cri perçant.