point aimé, tu as enduré une agonie prolongée

pendant des siècles sans fin. Et nous autres nous

étions vains, ignorants, et nous ne sûmes point

que le coup de poignard, porté par nous à ton

coeur, atteignait mortellement le nôtre.

Car nous étions à la fois les semeurs et les semences,

la nuit qui enveloppe, et le jour qui s'assombrit,

la lance qui perce et le flanc qui saigne,

les lèvres qui trahissent, et la vie qui est trahie;

l'abîme a le calme, la lune a le repos, mais nous les