prairies des hauteurs, où l'opulent automne, saison

usurière, ne vient que trop tôt offrir aux arbres l'or

qu'il a mis de côté, trésor qu'il verra disperser par

la folle prodigalité de la brise.

Il est bien tôt, vraiment! l'asphodèle, enfant

chérie du Printemps, s'attarde pour piquer la jalousie

de la rose; la campanule, elle aussi, tient

déployé son pavillon d'azur. Et, pareil à un fêtard

égaré, perdu, que ses frères ont laissé là, pour

s'enfuir des bosquets, d'où les a chassés la grive,