HÉRODIAS. Oh! Oh! les miracles. Je ne crois pas aux miracles. J’en ai vu trop. [Au page.] Mon éventail.

LE PREMIER NAZARÉEN. Cet homme fait de véritables miracles. Ainsi, à l’occasion d’un mariage qui a eu lieu dans une petite ville de Galilée, une ville assez importante, il a changé de l’eau en vin. Des personnes qui étaient là me l’ont dit. Aussi il a guéri deux lépreux qui étaient assis devant la porte de Capharnaüm, seulement en les touchant.

LE SECOND NAZARÉEN. Non, c’étaient deux aveugles qu’il a guéris à Capharnaüm.

LE PREMIER NAZARÉEN. Non, c’étaient des lépreux. Mais il a guéri des aveugles aussi, et on l’a vu sur une montagne parlant avec des anges.

UN SADDUCÉEN. Les anges n’existent pas.

UN PHARISIEN. Les anges existent, mais je ne crois pas que cet homme leur ait parlé.

LE PREMIER NAZARÉEN. Il a été vu par une foule de passants parlant avec des anges.

UN SADDUCÉEN. Pas avec des anges.

HÉRODIAS. Comme ils m’agacent, ces hommes! Ils sont bêtes. Ils sont tout à fait bêtes. [Au page.] Eh! bien, mon éventail. [Le page lui donne l’éventail.] Vous avez l’air de rêver. Il ne faut pas rêver. Les rêveurs sont des malades. [Elle frappe le page avec son éventail.]

LE SECOND NAZARÉEN. Aussi il y a le miracle de la fille de Jaïre.