HÉRODIAS. Qu’est-ce que cela fait? Vous savez bien que c’est moi qu’il cherche à insulter. Et je suis votre épouse, n’est-ce pas?

HÉRODE. Oui, chère et digne Hérodias, vous êtes mon épouse, et vous avez commencé par être l’épouse de mon frère.

HÉRODIAS. C’est vous qui m’avez arrachée de ses bras.

HÉRODE. En effet, j’étais le plus fort . . . mais ne parlons pas de cela. Je ne veux pas parler de cela. C’est à cause de cela que le prophète a dit des mots d’épouvante. Peut-être à cause de cela va-t-il arriver un malheur. N’en parlons pas . . . Noble Hérodias, nous oublions nos convives. Verse-moi à boire, ma bien-aimée. Remplissez de vin les grandes coupes d’argent et les grandes coupes de verre. Je vais boire à la santé de César. Il y a des Romains ici, il faut boire à la santé de César.

TOUS. César! César!

HÉRODE. Vous ne remarquez pas comme votre fille est pâle.

HÉRODIAS. Qu’est-ce que cela vous fait qu’elle soit pâle ou non?

HÉRODE. Jamais je ne l’ai vue si pâle.

HÉRODIAS. Il ne faut pas la regarder.

LA VOIX D’IOKANAAN. En ce jour-là le soleil deviendra noir comme un sac de poil, et la lune deviendra comme du sang, et les étoiles du ciel tomberont sur la terre comme les figues vertes tombent d’un figuier, et les rois de la terre auront peur.