Si l’on exporte de l’huile d’argan, ce n’est certainement qu’en petites quantités, car elle ne peut servir en Europe que dans la parfumerie et non comme comestible, à cause de son goût prononcé.

Outre cet arbre d’argan, l’arar, arbre à sandaraque, Callitris quadrivalvis, Vent., qui fait partie des arbres à feuilles aciculaires, est également répandu au Maroc. On le trouve fréquemment dans les régions montagneuses de tout le nord de l’Afrique, mais surtout dans l’Atlas. C’est un bel arbre, très branchu, atteignant environ 6 mètres de hauteur et qui ressemble à l’arbre de vie (thuya). Il donne une résine, la sandaraque, qui sert à fabriquer du vernis et en outre à préparer des emplâtres, des onguents et des poudres odorantes. Son bois est très précieux à cause de sa longévité et de sa beauté : c’était le bois de cèdre des Romains. Cet arbre était déjà connu des anciens Grecs et il était estimé sous le nom de thuya ; le θυῖον de l’Odyssée était probablement l’arar des Marocains, que les Espagnols nomment alerce, La tige inférieure, la plus large, est particulièrement précieuse, et aujourd’hui son bois est encore envoyé d’Algérie en grande quantité à Paris, où l’on en fait de petits objets mobiliers.

Il était connu et hautement apprécié des Romains sous le nom de « bois de citronnier » ; souvent dans des descriptions d’installations luxueuses se trouve le surnom de citreus. On s’en servait de préférence pour la construction des temples, et ce fut un usage non seulement des Grecs et des Romains, mais encore plus tard des Arabes : on a reconnu que certaines parties en bois de la mosquée de Cordoue en sont construites. Pline s’étend déjà longuement au sujet de cet arbre, dont il dit que ses parties inférieures, celles cachées sous terre, sont les plus précieuses et qu’on en fait des tables de prix. Une industrie d’art particulière s’était développée sans doute à Rome pour ces tables de citronnier, car on y employait des noms spéciaux pour désigner les différentes formes de tables. Les plaques en bois d’un seul morceau, d’environ quatre pieds de large, atteignaient des prix énormes.

Au Maroc ce bois magnifique, qui pourrait être si utile, n’est employé en ce moment que pour la construction et le chauffage ; sa résine, la sandaraque, est exportée par Mogador.

Parmi les autres arbres utiles du Maroc, Hooker signale l’arbre à gomme ammoniaque, celui de la gomme arabique et l’euphorbe.

La plante qui donne au Maroc la gomme ammoniaque ne doit pas être confondue avec celle de Perse. Dans ce dernier pays, c’est une ombellifère, la Dorema, dont on tire la résine jaune, à odeur prononcée et à goût repoussant. Au Maroc on n’est pas encore d’accord au sujet de l’arbre qui fournit le faschook. Jackson en donne une description, d’après laquelle des botanistes de nos jours ont voulu reconnaître un Elæoselinum, Hooker lui-même a cherché inutilement à se renseigner à cet égard. Jackson prétend que cet arbre croît dans les plaines de l’intérieur, surtout au nord de la ville de Maroc. Partout où il pousse, aucun animal, à l’exception du vautour, ne peut, dit-on, exister. Il est attaqué par un insecte, qui, d’après la description de Jackson, ressemble à un Bombylius, et la résine coule aux endroits attaqués. L’Ammiacum était déjà connu des anciens ; ils prétendaient qu’il provenait de la Libye ou de la Cyrénaïque et qu’on le préparait dans le temple d’Ammon.

Les Maures emploient le faschook comme dépilatoire et comme remède dans les maladies de peau ; une petite quantité est exportée de Marzagan par Gibraltar et Alexandrie en Orient.

La gomme arabique vient au Maroc d’un acacia qui occupe la limite nord de la zone d’extension du genre acacia, très répandu en Afrique. D’après Hooker, c’est un arbuste épineux, fréquent dans le sud et l’ouest du Maroc. La gomme est recueillie surtout dans le pays de Demnet et portée de là à Mogador. Du reste il paraît que différents arbres ou arbustes produisent la gomme, car Jackson décrit un arbre élevé comme en donnant ; en outre il arrive au Maroc beaucoup de gomme du désert ; celle-ci vient de l’Acacia arabica, tandis que le produit de l’Acacia gummifera est de meilleure qualité.

L’euphorbe, fort vénéneux, est le suc desséché de l’Euphorbia resinifera, qui existe dans l’intérieur du Maroc ; il est de couleur jaune, produit au goût une sensation de vive brûlure, cause de forts éternuements et de violentes inflammations, et sert de vésicatoire.

Jackson donne déjà une description de cette plante, qui a de nombreuses épines, s’attachant à tous les objets. Son suc coule d’incisions faites avec un couteau ; en septembre il cesse de couler et se dessèche. On dit que ce végétal ne fournit abondamment de suc que tous les quatre ans ; les gens qui le recueillent doivent couvrir leur bouche et leur nez, pour ne pas être sujets à de violents éternuements.