«—Je l’ai attrapé à la chasse, ma mie.

«—A la chasse?» dit-elle.

«Et en même temps elle pensait: «Quoi qu’il arrive, j’irai jusqu’au bout; je veux savoir enfin et de lui-même à quoi m’en tenir.» Elle ajouta donc: «La chasse aux bijoux? en vérité, c’est une chasse d’un genre nouveau et qui n’est que pour vous; de ma vie je n’avais entendu parler d’une chasse si étrange.

«—Moins étrange que vous ne pensez, dit-il, mais fatigante à coup sûr, et même si fatigante, qu’après s’y être livrés les plus intrépides ont besoin de repos. C’est mon cas, en ce moment même, ma chère, et avec votre permission nous allons tous aller dormir. Je tombe de sommeil. A quelques jours, si vous êtes sage, je vous emmènerai à une de ces chasses avec moi, et j’espère bien que vous y prendrez goût.»

«Là-dessus il la quitta en riant, d’un rire qui lui donna la chair de poule, et alla se coucher dans l’aile du vieux manoir où ils habitaient tous. Ses compagnons en firent autant. Quelques instants après, elle était à coup sûr la seule qui ne dormît pas dans le château.

«Quand elle s’en fut assurée, elle se dit: «Maintenant, sauvons-nous.»

A ce moment, l’envoyé sentit la main de Maroussia serrer vivement la sienne.

«Qu’y a-t-il?» lui dit-il.

L’enfant, mettant un doigt sur ses lèvres pour lui recommander le silence, lui montra deux yeux verts qui brillaient dans un gros buisson sur le revers du sentier.

L’envoyé avait un bâton de houx à la main. Il alla droit au fourré.