«Allons au jardin.

—J’y vais, répondit Tarass avec un regard maussade.

—Trouverons-nous beaucoup de fraises? demanda Maroussia.

—J’en trouve quand j’en cherche, moi, répondit Tarass avec un peu de hauteur.

—Je tâcherai d’en trouver aussi. Crois-tu que j’en trouve?

—Cela se peut. Ce n’est pas difficile, au reste. Vraie besogne de petite fille! S’il s’agissait de prendre une taupe ou d’attraper un hérisson, ce serait une autre paire de manches!»

Et, tout en cheminant du côté du jardin, Tarass se dandinait d’un air capable, comme il convient à un fameux preneur de taupes et de hérissons.

«Les petites filles n’ont pas de courage, voilà mon avis! ajouta-t-il. Les garçons....

—Ah! les garçons sont très-braves! dit Maroussia, voyant que son petit compagnon cherchait un mot qui pût exprimer dignement le mérite supérieur des garçons.

—C’est ça! répondit Tarass, touché de l’estime que la petite fille faisait des garçons; et, à part lui, il pensait: «Elle n’est pas aussi bête que je l’ai cru.»