—Ils savent monter à cheval, les garçons! continua-t-il. C’est admirable comme ils savent dompter les chevaux les plus sauvages!

—Bien sûr, c’est admirable, répondit Maroussia en souriant.

—Un jour, tu verras si je sais bien monter notre jument! L’autre fois, quand je passais au galop près de la chaumière de la vieille Hanna, je lui ai fait une fameuse peur; la pauvre femme a cru que c’était une flèche tartare! Tu sais, nos vieilles craignent beaucoup les Tartares.

—Pauvres vieilles! dit Maroussia.

—Mais tu ne dois pas t’effrayer, toi; je te défendrai, dit-il avec un élan de générosité.

—Merci! dit Maroussia.

—Oh! tu peux être tranquille! Il faut que tu saches que je me moque de tous les dangers.... Il viendra un jour,—bientôt peut-être,—où je taillerai en pièces tous les ennemis de notre Ukraine! Veux-tu entrer par cette petite porte? Viens par ici, les fraises sont de ce côté. Sais-tu quel est mon projet? Tu ne sais pas?

—Non, dis-le-moi.

—Eh bien, mon projet est de tomber sur le camp des Tartares ou des Turcs, de les assommer et de faire leur chef prisonnier.... Qu’en dis-tu?

—Ce serait glorieux, répondit sérieusement Maroussia.