[Note 1: Magia posthuma, Olmutz, 1706, cite par dom Calmet, Traite sur les apparitions des esprits, t. I, p. 33.]
Le meme auteur rapporte l'exemple d'un patre du village de Blow, pres de la ville de Kadam en Boheme, qui parut pendant quelque tems et qui appelloit certaines personnes, lesquelles ne manquoient pas de mourir dans la huitaine. Les paysans de Blow deterrerent le corps de ce patre, et le ficherent en terre avec un pieu, qu'ils lui passerent a travers le corps. Cet homme en cet etat se moquoit de ceux qui lui faisoient souffrir ce traitement, et leur disoit qu'ils avoient bonne grace de lui donner ainsi un baton pour se defendre contre les chiens. La meme nuict il se releva, et effraya par sa presence plusieurs personnes, et en suffoqua plus qu'il n'avoit fait jusqu'alors. On le livra ensuite au bourreau, qui le mit sur une charrette pour le transporter hors du village et l'y bruler. Ce cadavre hurloit comme un furieux et remuoit les pieds et les mains comme vivant; et lorsqu'on le perca de nouveau avec des pieux, il jetta de tres-grands cris, et rendit du sang tres-vermeil, et en grande quantite. Enfin on le brula, et cette execution mit fin aux apparitions et aux infestations de ce spectre.
"Il y a environ quinze ans, rapporte dom Calmet[1], qu'un soldat etant en garnison chez un paysan haidamaque, frontiere de Hongrie, vit entrer dans la maison, comme il etoit a table aupres du maitre de la maison son hote, un inconnu qui se mit aussi a table avec eux. Le maitre du logis en fut etrangement effraye, de meme que le reste de la compagnie. Le soldat ne savoit qu'en juger, ignorant de quoi il etoit question. Mais le maitre de la maison etant mort des le lendemain, le soldat s'informa de ce que c'etoit. On lui dit que c'etoit le pere de son hote, mort et enterre depuis plus de dix ans, qui s'etoit ainsi venu asseoir aupres de lui, et lui avoit annonce et cause la mort.
[Note 1: Traite sur les apparitions des esprits, t. I. p. 37.]
"En consequence on fit tirer de terre le corps de ce spectre, et on le trouva comme un homme qui vient d'expirer, et son sang comme d'un homme vivant. Le comte de Cabreras lui fit couper la tete, puis le fit remettre dans son tombeau. Il fit encore informations d'autres pareils revenans, entr'autres d'un homme mort depuis plus de trente ans, qui etoit revenu par trois fois dans sa maison a l'heure du repas, avoit suce le sang au col, la premiere fois a son propre frere, la seconde a un de ses fils, et la troisieme a un valet de la maison; et tous trois en moururent sur-le-champ. Sur cette deposition, le commissaire fit tirer de terre cet homme, et, le trouvant comme le premier, ayant le sang fluide comme l'aurait un homme en vie, il ordonna qu'on lui passat un grand clou dans la tempe, et ensuite qu'on le remit dans le tombeau.
"Il en fit bruler un troisieme qui etoit enterre depuis plus de seize ans, et avoit suce le sang et cause la mort a deux de ses fils."
Voici, d'apres dom Calmet[1], ce qu'on lit dans les Lettres juives:
[Note 1: Traite sur les apparitions des esprits, t. IV, p. 39.]
"Au commencement de septembre, mourut dans le village de Kisilova, a trois lieues de Gradisch, un vieillard age de soixante-deux ans. Trois jours apres avoir ete enterre, il apparut la nuit a son fils, et lui demanda a manger; celui-ci lui en ayant servi, il mangea et disparut.
"Le lendemain, le fils raconta a ses voisins ce qui etoit arrive.