Un historien suisse rapporte qu'un baron de Regensberg s'etait retire dans une tour de son chateau de Bale pour s'y adonner avec plus de soin a l'etude de l'Ecriture sainte et aux belles-lettres. Le peuple etait d'autant plus surpris du choix de cette retraite, que la tour etait habitee par un demon. Jusqu'alors le demon n'en avait permis l'entree a personne; mais le baron etait au-dessus d'une telle crainte. Au milieu de ses travaux, le demon lui apparaissait, dit-on, en habit seculier, s'asseyait a ses cotes, lui faisait des questions sur ses recherches, et s'entretenait avec lui de divers objets, sans jamais lui faire aucun mal. L'historien credule ajoute que, si le baron eut voulu exploiter methodiquement ce demon, il en eut tire beaucoup d'eclaircissements utiles[1].
[Note 1: Dictionnaire d'anecdotes suisses, p. 82.]
Cassien parle de plusieurs esprits ou demons de la meme trempe qui se plaisaient a tromper les passants, a les detourner de leur chemin et a leur indiquer de fausses routes, le tout par malicieux divertissement[1].
[Note 1: Cassiani collat. VII, cap. XXXII.]
Un baladin avait un demon familier, qui jouait avec lui et se plaisait a lui faire des espiegleries. Le matin il le reveillait en tirant les couvertures, quel que froid qu'il fit; et quand le baladin dormait trop profondement, son demon l'emportait hors du lit et le deposait au milieu de la chambre[1].
[Note 1: Guillelmi Parisiensis, partie II, princip., cap. VIII.]
Pline parle de quelques jeunes gens qui furent tondus par le diable. Pendant que ces jeunes gens dormaient, des esprits familiers, vetus de blanc, entraient dans leurs chambres, se posaient sur leur lit, leur coupaient les cheveux proprement, et s'en allaient apres les avoir repandus sur le plancher[1].
[Note 1: Pline, lib. XVI, epist. arg. 7.]
LES BONS ANGES
Les Juifs, a l'exception des saduceens, admettaient et honoraient les anges, en qui ils voyaient, comme nous, des substances spirituelles, intelligentes, et les premieres en dignite entre les creatures.